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Bouchra : Allez voir cette coyote lesbienne au cinéma !

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2 juin
3 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 6 heures



C'est un film d'animation d'un type qu'on a pas l'habitude de voir : une coyote marocaine de 35 ans vit à New York. Elle est cinéaste, lesbienne, et elle essaie depuis des années d’avoir avec sa mère qui vit à Casablanca une conversation qui n’arrive jamais vraiment à avoir lieu.


Bouchra aurait pu être juste encore un film sur le coming out dans une "famille difficile". Mais ce n'est pas ce que Meriem Bennani et Orian Barki ont fait, et on a adoré ce film !


Sorti en France le 3 juin 2026, Bouchra est un drôle de produit d'1h23, entre autofiction, film d’animation et journal intime. Les personnages sont des animaux anthropomorphes en 3D, Bouchra est une coyote et sa mère aussi. Une amante peut être une ourse ou une vache. Et au bout de quelques minutes, regarder une coyote parler à sa mère au téléphone ne paraît même plus si bizarre que ça.


Ce n’est pas vraiment une histoire de coming out


Bouchra a annoncé son homosexualité à ses parents plusieurs années auparavant. Ce qu'on voit, c'est ce qui vient parfois après : le sujet qu'on évite, les morceaux de sa vie qu'on retire d’une conversation pour maintenir le lien.


Le film part de la vie de Meriem Bennani, artiste marocaine installée à New York. Pour le scénario, elle a repris des vraies conversations qu’elle avait eues avec sa mère.


M. Bennani explique dans The Queer Review qu’elle craignait que son histoire soit racontée à travers le scénario occidental classique : d’un côté une société marocaine présentée comme oppressive et en retard, de l’autre New York racontée comme une liberté et une émancipation. Elle voulait plutôt faire un film que la communauté queer marocaine puisse revendiquer, mais sans vouloir représenter toutes les personnes queers marocaines. Dans un entretien publié sur Mediapart, elle dit que le coming out lui-même est un concept importé, avec son vocabulaire précis et ses scénarios attendus.


Ce que cherche Bouchra, c’est à "créer notre propre langage". La mère de Bouchra ne devient ni une méchante homophobe caricaturale, ni soudainement une mère parfaitement déconstruite : Elle aime sa fille, mais ne la comprend pas complètement ; sa fille l’aime également et voudrait être mieux comprise. Le film accepte de rester dans cet endroit moins confortable, sans chercher la résolution nette habituelle.


Et pendant ce temps-là, Bouchra vit une vie lesbienne. Bouchra ne réduit pas son personnage à la douleur d’être lesbienne dans une famille qui peine à parler de ça : Elle vit, sort, drague, raconte des dates à ses potes, travaille, bloque sur son film. Bouchra filme aussi le désir lesbien, parfois de manière un peu étrange et drôle.


Ce qu'apportent les animaux ? Bennani et Barki expliquent que tourner la même histoire avec des acteurs humains leur aurait donné quelque chose d'embarrassant. En transformant tout le monde en animaux, elles racontent quelque chose de très personnel tout en déplaçant notre regard. Et paradoxalement même si les personnages ont l'air irréels, leurs conversations ont l'air vraies, peut être plus que si c'était des acteurs humains.

Un film queer qui ne cherche pas à être binaire, c’est peut-être ce qu’on aime le plus dans Bouchra. Le film ne résout pas en une heure les contradictions familiales et culturelles, mais laisse simplement Bouchra vivre au milieu de tout ça. Et l'absence de réponse est peut être plus intéressante que le récit habituel dans lequel on devrait obligatoirement choisir entre sa famille, son pays d’origine et la possibilité d’être soi-même.


Le film parle du désir d’être compris, et il est touchant, chaleureux, singulier et fort, on vous le recommande !

Bouchra, de Meriem Bennani et Orian Barki
Bouchra, de Meriem Bennani et Orian Barki

Sortie française: 3 juin 2026

Distribution: Norte Distribution



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